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		<title>Mariam Bagayoko et les Aga Khan Music Awards : plus qu’une consécration une évidence</title>
		<link>https://munketa.com/2026/05/18/mariam-bagayoko-et-les-aga-khan-music-awards-plus-quune-consecration-une-evidence/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[admin]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 18 May 2026 17:08:09 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Tribunes et analyses]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Mariam Bagayoko est une artiste dont la trajectoire épouse le long terme...</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong>Mariam Bagayoko est une artiste dont la trajectoire épouse le long terme. Son œuvre ne se mesure ni à l’air du temps ni aux modes qui défilent, mais à la profondeur de l’héritage qu’elle porte et transmet. Chanteuse, danseuse et instrumentiste d’exception, elle incarne depuis des décennies la vitalité des traditions musicales du Mali, qu’elle a su préserver, renouveler et faire rayonner bien au-delà de son bèlèdougou. Sa consécration par le AKMA 2025 Lifetime Achievement Award apparaît ainsi comme une évidence : Mariam Bagayoko est, à bien des égards, une ambassadrice naturelle et incontestable de la musique malienne.</strong></p>



<p>La distinction décernée par les Aga Khan Music Awards vient couronner une trajectoire artistique exceptionnelle. La cérémonie de remise des prix s’est tenue le 22 novembre, dans le cadre d’un festival de quatre jours célébrant la musique du Grand Est, organisé en partenariat avec le EFG London Jazz Festival. Entre performances en direct et courts métrages consacrés aux lauréats 2025, l’événement a mis en lumière des artistes dont la créativité, la vision et l’engagement façonnent durablement le paysage musical contemporain. En ouvrant cette édition qui élève Mariam Bagayoko, les AKMA affirment la portée universelle de son œuvre.</p>



<p>Surnommée affectueusement le « Rossignol du Bélédougou », Mariam Bagayoko est originaire de cette région historique du centre du Mali, autrefois rattachée à l’empire bambara précolonial. C’est là qu’elle grandit, au cœur d’un territoire où la musique structure la vie sociale et rituelle. Enfant, elle chante en ramassant des noix de karité, improvise des mélodies simples et fabrique des instruments rudimentaires pour accompagner les femmes dans les champs. Cette relation organique à la musique, vécue comme une extension du quotidien, constitue le socle de son identité artistique.</p>



<p><strong>La voix, le rythme et le corps</strong></p>



<p>Au fil des années, Mariam Bagayoko s’impose comme l’une des grandes interprètes de la tradition vocale bambara, reconnue pour la puissance, la justesse et la profondeur émotionnelle de ses chants. Mais son art est pluriel. Instrumentiste accomplie, elle maîtrise le yabara, grande calebasse à secouer, qu’elle transforme en véritable moteur rythmique. À cela s’ajoute sa relation singulière au balafon, et plus particulièrement au n’goussounbala, grand balafon aux calebasses très résonnantes, propre au Bélédougou, dont elle est aujourd’hui considérée comme la reine. Sa manière unique de danser sur le balafon fait du corps un prolongement du son, abolissant la frontière entre musique et mouvement.</p>



<p>La longévité de Mariam Bagayoko tient autant à sa constance artistique qu’à la profondeur de son engagement. Elle a toujours envisagé la musique comme un espace de responsabilité et de transmission. Son projet Tiébilentiè, développé à Diakaman, met en lumière des pratiques traditionnelles exigeantes, celles des acrobates et des guérisseurs, dont les performances sont souvent accompagnées du n’goussounbala. En valorisant ces formes, elle contribue à préserver des savoirs fragiles et à les inscrire dans le présent.</p>



<p>Pour Mariam Bagayoko, la musique est avant tout un lien entre les générations, les territoires et les êtres. À travers son œuvre, c’est toute une conception de l’art qui s’exprime : enracinée, généreuse et profondément humaine. Plus qu’une récompense, le AKMA 2025 Lifetime Achievement Award célèbre une présence vivante, celle d’une artiste dont la voix, le geste et la danse continuent d’éclairer la musique malienne et de la projeter vers le monde.</p>



<p><strong>Issouf Koné</strong></p>
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		<title>Ouverture de la scène Suruku: un nouvel espace pour dynamiser le spectacle vivant</title>
		<link>https://munketa.com/2026/05/18/ouverture-de-la-scene-suruku-un-nouvel-espace-pour-dynamiser-le-spectacle-vivant/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[admin]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 18 May 2026 17:08:07 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Lieux et événements]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Un nouvel espace dédié à la création artistique verra bientôt le jour à Bamako. La Scène Suruku...</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Un nouvel espace dédié à la création artistique verra bientôt le jour à Bamako. La Scène Suruku, pensée comme un lieu ouvert au spectacle vivant et à la formation. Elle sera officiellement lancée par la fédération Founoufounou le samedi 7 février 2026 sur les Berges du Palais de la Culture.</strong></p>
<p>Le paysage culturel malien s’enrichit d’une nouvelle infrastructure avec l’inauguration prochaine de la Scène Suruku, prévue le samedi 7 février sur les Berges du Palais de la Culture. Située à proximité de la pirogue du Zéméba, cette scène se veut un espace entièrement consacré au spectacle vivant, capable d’accueillir aussi bien des représentations artistiques que des activités de formation. À l’initiative du projet, Lassine Koné qui ambitionne de créer un lieu dynamique, accessible et ancré dans la réalité des pratiques artistiques contemporaines.</p>
<p>Pensée comme une plateforme polyvalente, la Scène Suruku abritera plus précisément des spectacles de danse, de théâtre, de chant, de marionnettes… Pour Lassine Koné, il s’agit avant tout de répondre à un besoin réel : offrir aux artistes des espaces adaptés pour créer, expérimenter et partager leur travail avec le public. Au-delà de la diffusion, la dimension pédagogique occupe une place centrale, avec la volonté de favoriser la transmission des savoirs et l’accompagnement des jeunes talents.</p>
<p>Ce projet s’inscrit dans une vision plus large : multiplier les scènes artistiques au Mali afin de renforcer l’écosystème culturel et encourager la production locale. La Scène Suruku se présente ainsi comme un nouveau concept, à la fois lieu de création, de formation et de rencontre. Elle ambitionne de devenir un espace vivant, ouvert et participatif, capable de rassembler artistes confirmés, émergents et publics autour d’expériences artistiques variées.</p>
<p>Le lancement se fera par la Fédération Founoufounou, qui regroupe quatre structures culturelles engagées dans la promotion des arts et de la création. Parmi elles, le Don Sen Folo Lab, structure porteuse du projet. À travers cette collaboration, les initiateurs entendent créer une synergie durable entre les acteurs culturels et contribuer à la vitalité artistique du pays.</p>
<p>Avec son inauguration, la Scène Suruku du Zéméba ouvre une nouvelle page pour le spectacle vivant à Bamako. Plus qu’un simple espace scénique, elle se veut un symbole d’engagement culturel, de transmission et d’innovation, au service des artistes et du public malien.</p>
<p><strong>La rédaction</strong></p>
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		<item>
		<title>Hassane Kassi Kouyaté sur la pirogue du Zéméba : entre héritage, persévérance et transmission</title>
		<link>https://munketa.com/2026/05/15/hassane-kassi-kouyate-sur-la-pirogue-du-zemeba-entre-heritage-perseverance-et-transmission/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[admin]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 15 May 2026 15:08:09 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Tribunes et analyses]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Invité de la Pirogue du Zemeba, le conteur et metteur en scène Hassane Kassi Kouyaté a partagé</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Invité de la Pirogue du Zemeba, le conteur et metteur en scène Hassane Kassi Kouyaté a partagé, le temps d’un après-midi sur le fleuve Niger, un récit de vie dense et inspirant. Entre mémoire familiale, parcours d’exil, entrepreneuriat et création artistique, l’homme de théâtre a offert aux jeunes présents bien plus qu’un témoignage : une véritable leçon de persévérance et de transmission.</strong></p>
<p>Le fleuve Niger, le 5 mars dernier, s’est transformé le temps d’un après-midi en une scène de transmission culturelle. À bord de la Pirogue du Zéméba, artistes, jeunes créateurs et passionnés de culture ont rencontré Hassane Kassi Kouyaté, figure majeure de la culture africaine contemporaine, directeur du festival Les Francophonies – Des écritures à la scène.</p>
<p>Introduite par Lassine Koné, directeur artistique de Don Sen Folo Lab, la rencontre s’est rapidement muée en un moment d’intimité intellectuelle et artistique. Prenant la parole, Hassane Kassi Kouyaté a d’abord tenu à rendre hommage à sa famille, en particulier à son père, le célèbre acteur et homme de scène Sotigui Kouyaté. Bien plus qu’un simple acteur reconnu sur les scènes internationales, Sotigui Kouyaté était, selon son fils, un homme aux multiples dimensions : comédien, metteur en scène, musicien, mais aussi tradi-praticien, fin connaisseur des plantes et de la nature, donso-chasseur initié et même ancien footballeur.</p>
<p>À travers ces anecdotes, Hassane Kouyaté esquisse le portrait d’un père dont l’héritage dépasse largement le champ artistique. Il évoque également les trajectoires familiales marquées par le départ vers la France : d’abord son père, puis son frère aîné, le réalisateur Dani Kouyaté, avant que lui-même ne fasse le même chemin.</p>
<p class="wp-block-paragraph"><strong>Des débuts difficiles</strong></p>
<p class="wp-block-paragraph">Mais son arrivée en Europe ne correspond pas au récit classique d’un artiste immédiatement consacré. Loin des projecteurs, Hassane Kouyaté raconte avoir commencé par des activités modestes, notamment en faisant la manche. Avec des amis, il s’est ensuite lancé dans la restauration en proposant des plats africains en France. Une aventure entrepreneuriale qui se poursuit encore aujourd’hui, puisqu’il possède actuellement des restaurants.</p>
<p class="wp-block-paragraph">Ce détour par l’économie n’est pas anodin. Il rappelle que le parcours artistique n’est pas toujours linéaire, même pour ceux issus d’une famille d’artistes. Hassane Kouyaté souligne d’ailleurs qu’il n’était pas prédestiné à devenir conteur ou comédien. Formé en commerce international, il s’orientait initialement vers un tout autre horizon professionnel.</p>


<figure class="wp-block-image size-large"><img  alt="" class="wp-image-565"/ loading="eager" fetchpriority="high" decoding="async" src="https://munketa.com/wp-content/uploads/2026/05/IMG_0861-1536x1024-1-1024x683.jpg"></figure>



<p>C’est presque par hasard qu’il commence à conter. Les débuts sont modestes : quelques récits pour 500 francs français. Mais la passion s’installe, le talent se confirme et le public répond présent. Des années plus tard, il lui arrive de percevoir plus de 30 000 euros pour une prestation de conte d’une heure et demie. Entre ces deux extrêmes se dessine un parcours fait de travail, de persévérance et d’apprentissage.</p>



<p><strong>Aujourd’hui&nbsp;!</strong></p>



<p>Aujourd’hui, Hassane Kassi Kouyaté est à la fois artiste, chef d’entreprise et directeur de festival. Installé entre plusieurs continents, il possède notamment un appartement à Paris et travaille sur des projets culturels à travers le monde, tout en restant profondément lié à l’Afrique de l’Ouest et particulièrement au Mali, au Burkina Faso même s’il revendique aussi sa nationalité française.</p>



<p>Malgré le poids d’un héritage prestigieux, il insiste sur un point : il n’a jamais pris de raccourcis. Si son père a collaboré avec le légendaire metteur en scène britannique Peter Brook, figure majeure du théâtre du XXe siècle, Hassane Kouyaté affirme avoir construit son propre chemin. Sa rencontre avec de grands noms du théâtre international s’est faite au fil du travail et des expériences, non par simple filiation comme beaucoup pourrait le colporter : « Les gens peuvent dire ce qu’ils veulent, je continuerai à remercier mon père Sotigui Kouyaté, ce grand monsieur qui nous a tout donné. » déclare-t-il tout ému. Cette exigence personnelle nourrit aujourd’hui son engagement dans la transmission.</p>



<p>À bord de la pirogue, il a longuement échangé avec les jeunes présents, partageant conseils et réflexions sur les métiers du spectacle vivant, la discipline artistique et la nécessité de développer une vision entrepreneuriale de la culture.</p>



<p>La présence d’Adama Traoré, comédien et metteur en scène respecté du théâtre africain, a donné une dimension supplémentaire à la rencontre. Prenant la parole, il a salué le parcours d’Hassane Kouyaté, tout en rappelant son respect constant envers les aînés et les collaborations passées avec son père Sotigui Kouyaté.</p>



<p>Au-delà du parcours impressionnant, la rencontre sur la Pirogue du Zéméba révèle surtout une figure singulière : celle d’un passeur. Entre tradition griotique, théâtre contemporain et entrepreneuriat culturel, Hassane Kassi Kouyaté incarne une génération d’artistes africains capables de naviguer entre plusieurs mondes sans renier leurs racines.</p>



<p></p>
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			</item>
		<item>
		<title>Accès au marché des industries culturelles et créatives : à Tombouctou, le réseau Kya et l’ACF Fonds Maaya ouvre un débat sur l’économie de la culture</title>
		<link>https://munketa.com/2026/05/15/acces-au-marche-des-industries-culturelles-et-creatives-a-tombouctou-le-reseau-kya-et-lacf-fonds-maaya-ouvre-un-debat-sur-leconomie-de-la-culture/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[admin]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 15 May 2026 15:08:09 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Tribunes et analyses]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Le troisième pilier évoqué par Adama Traoré concerne la diffusion et la distribution...</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Le 23 décembre 2025, au village de la Biennale artistique et culturelle de Tombouctou, le réseau Kya, en collaboration avec le Fonds Maaya a organisé une table ronde consacrée à un enjeu central pour l’avenir des industries culturelles et créatives (ICC) : l’accès au marché. Dans un contexte sahélien marqué par des défis sécuritaires, économiques et structurels, cette rencontre a rassemblé artistes, acteurs culturels et décideurs autour d’une question essentielle : comment transformer la création artistique en une activité économiquement viable et durable.</strong></p>
<p>Présidée par le chef de cabinet du ministère de l’Artisanat, de la Culture, de l’Industrie hôtelière et du Tourisme, Monsieur Salia Malé, et introduite par le président du réseau Kya, Djibril Guissé, la table ronde a posé les bases d’une réflexion stratégique sur la place de la culture dans le développement. Trois panélistes ont nourri les échanges : Adama Traoré, Chab Touré, tous deux du Mali et Miki Garba, invité du Niger, apportant des regards complémentaires sur les dynamiques locales et sous-régionales.</p>
<p>Au cœur des débats, Adama Traoré a insisté sur la nécessité de penser les ICC comme un écosystème structuré, reposant sur quatre piliers essentiels. Le premier est la structuration, qui permet de comprendre et d’organiser la chaîne des métiers culturels. Comparant le secteur culturel à une usine, il a rappelé qu’aucune activité ne peut fonctionner avec un seul corps de métier. La culture mobilise à la fois l’administration, la création artistique, les métiers techniques et, de plus en plus, le numérique, aujourd’hui étendu aux enjeux de l’intelligence artificielle. Cette structuration appelle une implication forte de l’État, posant inévitablement la question du financement et du rôle du secteur privé dans l’exportation de la culture malienne. Les rencontres professionnelles, les échanges B to B et les grandes manifestations culturelles offrent des opportunités, mais l’accès effectif aux marchés demeure un défi majeur.</p>
<p> </p>


<figure class="wp-block-image size-large"><img  alt="" class="wp-image-561"/ loading="lazy" decoding="async" src="https://munketa.com/wp-content/uploads/2026/05/IMG_8094-1536x1024-1-1024x683.jpg"></figure>



<p>Le troisième pilier évoqué par Adama Traoré concerne la diffusion et la distribution. Créer une œuvre ne suffit pas ; encore faut-il savoir où et comment la vendre. Selon lui, la valeur marchande d’un produit culturel est souvent liée à la notoriété de l’artiste, à son nom et à son parcours. Dans le cinéma notamment, la reconnaissance facilite la vente et l’exportation des œuvres. Enfin, le quatrième pilier est celui de la découvrabilité. Les artistes doivent se penser comme des marques, capables de maîtriser leur identité et leur visibilité. En conclusion, Adama Traoré a plaidé pour la création d’un fonds national dédié aux industries culturelles et créatives au Mali, outil indispensable pour structurer durablement le secteur.</p>



<p>Apportant un regard sous-régional, Miki Garba, venu du Niger, a salué les efforts des autorités maliennes pour faire du pays un véritable pôle d’attraction culturelle. Fort de son expérience dans l’encadrement et le renforcement de capacités des acteurs culturels, et désormais directeur général de l’Agence de promotion des entreprises et industries culturelles du Niger depuis 2024, il a souligné que le Mali et le Niger partagent des problématiques similaires, notamment en matière de gestion, de mobilité et de financement des artistes. Pour lui, le dynamisme des festivals, salons et de la Biennale de Tombouctou témoigne de la capacité des artistes maliens à se mobiliser et à créer des rendez-vous de référence dans la sous-région.</p>



<p>Selon Miki Garba, l’accès au marché commence avant tout par la qualité du produit. C’est l’œuvre qui conduit l’artiste vers le marché, conditionnant sa mobilité et sa promotion. L’Afrique dispose de nombreux marchés, même s’ils ne sont pas toujours accessibles à tous. Chaque discipline artistique, du théâtre à la musique en passant par la littérature, possède son public. Toutefois, la faible structuration des artistes limite souvent leur accès au financement. À ce titre, il a présenté l’exemple du Fonds national de développement des arts et de la culture (FONDAC) au Niger, qui permet notamment de répondre aux urgences de mobilité des artistes invités à l’étranger. Il a insisté sur le fait que les financements extérieurs ne constituent pas des solutions durables et a plaidé pour la mise en place de fonds nationaux solides, ainsi que de plans nationaux facilitant la mobilité des artistes, le développement du mécénat et la reconnaissance sous-régionale des créateurs.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img  alt="" class="wp-image-560"/ loading="lazy" decoding="async" src="https://munketa.com/wp-content/uploads/2026/05/IMG_8099-1536x1024-1-1024x683.jpg"></figure>



<p>Pour sa part, Chab Touré a recentré le débat sur la question de la qualité de la création et du rapport entre art et économie. Il a rappelé que toute œuvre artistique est un produit marchand et que vivre de son art signifie que l’œuvre proposée génère des revenus. Il a dénoncé une mentalité encore largement répandue selon laquelle l’art n’aurait rien à voir avec l’argent, une idée qu’il juge dangereuse pour la professionnalisation des artistes. Créer pour soi n’exclut pas de créer pour les autres ; l’enjeu est de comprendre pour qui l’on crée. Le premier marché de l’artiste est celui de son environnement immédiat, là où il vit. Pourtant, a-t-il souligné, le marché des artistes africains reste largement tourné vers l’Europe, faute d’un véritable marché intérieur structuré en Afrique. Pour y remédier, il a appelé à la création d’espaces de vente et d’achat sur le continent, condition essentielle pour bâtir une économie culturelle autonome.</p>



<p>À travers cette table ronde, le réseau Kya a offert un cadre de dialogue stratégique entre artistes, experts et décideurs publics, mettant en lumière les défis mais aussi les opportunités liées à l’accès au marché des industries culturelles et créatives. À Tombouctou, ville symbole de transmission et de résilience culturelle, les échanges ont rappelé que l’avenir de la culture africaine repose autant sur la créativité que sur la capacité à structurer, financer et faire circuler les œuvres, afin que la culture devienne pleinement un moteur de développement durable.</p>



<p><strong>Issouf Koné</strong></p>
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			</item>
		<item>
		<title>Don Sen Folo Lab : l’art, la résilience et l’innovation au cœur de la création malienne</title>
		<link>https://munketa.com/2026/05/15/don-sen-folo-lab-lart-la-resilience-et-linnovation-au-coeur-de-la-creation-malienne/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[admin]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 15 May 2026 15:08:09 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Lieux et événements]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Dans un Mali où le secteur culturel évolue dans un environnement souvent marqué par des difficultés économiques...</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p></p>


<p><strong>Dans un Mali où le secteur culturel évolue dans un environnement souvent marqué par des difficultés économiques, des défis structurels et des incertitudes sécuritaires, certaines initiatives artistiques continuent pourtant de tracer leur chemin avec audace et créativité. Parmi elles, Don Sen Folo Lab s’impose aujourd’hui comme l’une des expériences culturelles les plus originales et inspirantes du pays. À travers des projets innovants, des espaces alternatifs de diffusion et des actions de proximité, cette structure dirigée par Lassine Koné démontre que l’art peut être à la fois un moyen d’expression, un outil de transformation sociale et un puissant moteur de résilience.</strong></p>
<p>Depuis plusieurs années, Don Sen Folo Lab développe une approche singulière de la création artistique. Loin des circuits classiques, la structure mise sur l’expérimentation, la proximité avec les communautés et la valorisation des artistes indépendants. Théâtre, musique, arts visuels, performances, formations, sensibilisation communautaire : le laboratoire culturel multiplie les initiatives et construit progressivement un écosystème artistique dynamique où les créateurs peuvent imaginer, produire et partager leurs œuvres.</p>
<p>L’un des projets les plus emblématiques de la structure reste sans doute la pirogue du ZéméBa, devenue aujourd’hui un véritable symbole d’innovation culturelle au Mali. Installée sur les berges du fleuve au Palais de la culture Amadou Hampâté Bâ, cette scène artistique flottante attire autant par son originalité que par la diversité des activités qu’elle accueille. Pensé comme un espace de rencontres et de diffusion, le ZéméBa offre un cadre unique où se croisent spectacles vivants, expositions, projections, ateliers, résidences de création et balades fluviales.</p>
<p class="wp-block-paragraph"><strong>Un espace de création, de diffusion</strong></p>
<p class="wp-block-paragraph">Dans un contexte où les espaces culturels indépendants restent rares et parfois difficiles d’accès, cette scène flottante apparaît comme une réponse créative aux contraintes du terrain. Le fleuve devient alors un lieu de rassemblement artistique, un territoire de liberté où les artistes peuvent expérimenter de nouvelles formes d’expression et rencontrer directement le public.</p>
<p>Mais le projet va bien au-delà de la simple diffusion culturelle. Le ZéméBa est également un espace pédagogique où sont organisées des formations, des ateliers de création et des rencontres professionnelles. La structure y accompagne des artistes émergents, favorise les échanges de compétences et encourage le développement d’initiatives culturelles indépendantes.</p>
<p>Cette volonté de créer des espaces alternatifs se retrouve également dans la scène Suruku, autre initiative majeure portée par Don Sen Folo Lab. Depuis son inauguration, cet espace accueille régulièrement des spectacles et événements culturels, participant activement à la vitalité de la scène artistique locale. « Suruku se distingue par son ouverture aux disciplines variées et par son rôle de plateforme pour les jeunes créateurs », confie Lassine Koné.</p>
<p>Dans un environnement où les artistes peinent souvent à trouver des lieux de diffusion adaptés, la création de scènes comme Suruku constitue un véritable acte de résistance culturelle. Le laboratoire contribue ainsi à maintenir une dynamique artistique malgré les difficultés auxquelles fait face le secteur.</p>
<p>La scène a notamment accueilli le spectacle « Au crépuscule de mon attente », « Ni bè ni » et d’autres spectacles qui ont marqué les esprits par leur dimension poétique et immersive. À travers ce type de programmation, Don Sen Folo Lab montre sa volonté de promouvoir des œuvres capables de questionner la société tout en proposant des expériences artistiques fortes et accessibles.</p>
<p class="wp-block-paragraph"><strong>Bancoumanan</strong></p>
<p class="wp-block-paragraph">L’action de Don Sen Folo Lab ne se limite cependant pas aux espaces urbains. La structure a également développé un laboratoire culturel à Bancoumana, dans le Manden. Ce choix illustre une volonté claire de décentraliser les activités culturelles et de rapprocher l’art des communautés locales.</p>
<p>À Bancoumana, Don Sen Folo Lab mène des projets qui mêlent création artistique, sensibilisation et engagement communautaire. Parmi les initiatives les plus marquantes figure « Fali ou Ka missi », une activité consacrée à la sensibilisation sur le bon traitement des ânes. Derrière cette initiative au titre évocateur se cache une réflexion plus large sur le rapport entre les humains, les animaux et leur environnement.</p>
<p>Dans de nombreuses localités rurales, les ânes jouent un rôle essentiel dans les activités quotidiennes et l’économie familiale. Pourtant, ces animaux sont souvent victimes de mauvais traitements ou de négligence. À travers « Fali ou Ka missi », le laboratoire utilise la sensibilisation et les approches artistiques pour attirer l’attention sur cette réalité et encourager des pratiques plus respectueuses.</p>
<p>Cette capacité à relier les questions sociales aux démarches artistiques fait partie de l’identité même de Don Sen Folo Lab. Le laboratoire ne considère pas l’art comme un simple divertissement, mais comme un outil capable de provoquer des réflexions, de créer du dialogue et de renforcer les liens communautaires.</p>
<p class="wp-block-paragraph"><strong>Renforcement de capacité</strong></p>
<p class="wp-block-paragraph">Parallèlement à ses activités de création et de sensibilisation, la structure accorde une place importante au renforcement des capacités des artistes indépendants. Dans un secteur où beaucoup de créateurs manquent d’accompagnement professionnel, Don Sen Folo Lab développe régulièrement des formations pratiques destinées à améliorer les compétences des artistes dans différents domaines.</p>
<p>C’est dans cette logique qu’un atelier consacré à la réalisation de portfolios artistiques sera organisé le mercredi 13 mai de 10h00 à 13h00 au ZéméBa, sur les berges du Palais de la Culture. Ouvert aux artistes de tous les médiums, aussi bien dans les arts plastiques que dans les arts vivants, cet atelier vise à aider les participants à mieux structurer leurs dossiers artistiques.</p>
<p>Les participants sont invités à venir avec leurs projets de portfolio ainsi que leurs outils de travail-téléphone, tablette ou ordinateur, afin de bénéficier d’un accompagnement personnalisé. L’objectif est non seulement de transmettre des techniques de présentation, mais aussi d’aider les artistes à mieux raconter leur démarche et à valoriser leur univers créatif.</p>
<p>À travers cette initiative, le laboratoire confirme encore une fois son rôle de structure d’accompagnement et de transmission. Dans un contexte où les opportunités restent limitées, ces formations constituent un véritable levier pour les artistes qui souhaitent professionnaliser leur pratique et accéder à de nouveaux réseaux.</p>
<p>Au fil des années, Don Sen Folo Lab est ainsi devenu bien plus qu’un simple espace culturel. La structure incarne une vision de l’art fondée sur l’innovation, l’engagement et la proximité avec les réalités sociales. En créant des scènes alternatives comme le ZéméBa et Suruku, en développant des projets communautaires à Bancoumana et en accompagnant les artistes indépendants, le laboratoire construit progressivement un modèle culturel original et profondément ancré dans son territoire.</p>
<p>Dans un paysage culturel parfois fragilisé, Don Sen Folo Lab apparaît aujourd’hui comme un exemple de résilience et de créativité. La structure prouve qu’il est possible d’inventer de nouvelles manières de produire, de diffuser et de vivre l’art, même avec des moyens limités. Plus qu’un laboratoire artistique, Don Sen Folo Lab est devenu un espace de rencontres, d’expérimentations et d’espoir pour toute une génération de créateurs maliens.</p>
<p><strong>La rédaction</strong></p><p>The post <a href="https://munketa.com/2026/05/15/don-sen-folo-lab-lart-la-resilience-et-linnovation-au-coeur-de-la-creation-malienne/">Don Sen Folo Lab : l’art, la résilience et l’innovation au cœur de la création malienne</a> appeared first on <a href="https://munketa.com">munketa</a>.</p>
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