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	<title>Tribunes et analyses Archives - munketa</title>
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	<title>Tribunes et analyses Archives - munketa</title>
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		<title>Mariam Bagayoko et les Aga Khan Music Awards : plus qu’une consécration une évidence</title>
		<link>https://munketa.com/2026/05/18/mariam-bagayoko-et-les-aga-khan-music-awards-plus-quune-consecration-une-evidence/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[admin]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 18 May 2026 17:08:09 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Tribunes et analyses]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Mariam Bagayoko est une artiste dont la trajectoire épouse le long terme...</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong>Mariam Bagayoko est une artiste dont la trajectoire épouse le long terme. Son œuvre ne se mesure ni à l’air du temps ni aux modes qui défilent, mais à la profondeur de l’héritage qu’elle porte et transmet. Chanteuse, danseuse et instrumentiste d’exception, elle incarne depuis des décennies la vitalité des traditions musicales du Mali, qu’elle a su préserver, renouveler et faire rayonner bien au-delà de son bèlèdougou. Sa consécration par le AKMA 2025 Lifetime Achievement Award apparaît ainsi comme une évidence : Mariam Bagayoko est, à bien des égards, une ambassadrice naturelle et incontestable de la musique malienne.</strong></p>



<p>La distinction décernée par les Aga Khan Music Awards vient couronner une trajectoire artistique exceptionnelle. La cérémonie de remise des prix s’est tenue le 22 novembre, dans le cadre d’un festival de quatre jours célébrant la musique du Grand Est, organisé en partenariat avec le EFG London Jazz Festival. Entre performances en direct et courts métrages consacrés aux lauréats 2025, l’événement a mis en lumière des artistes dont la créativité, la vision et l’engagement façonnent durablement le paysage musical contemporain. En ouvrant cette édition qui élève Mariam Bagayoko, les AKMA affirment la portée universelle de son œuvre.</p>



<p>Surnommée affectueusement le « Rossignol du Bélédougou », Mariam Bagayoko est originaire de cette région historique du centre du Mali, autrefois rattachée à l’empire bambara précolonial. C’est là qu’elle grandit, au cœur d’un territoire où la musique structure la vie sociale et rituelle. Enfant, elle chante en ramassant des noix de karité, improvise des mélodies simples et fabrique des instruments rudimentaires pour accompagner les femmes dans les champs. Cette relation organique à la musique, vécue comme une extension du quotidien, constitue le socle de son identité artistique.</p>



<p><strong>La voix, le rythme et le corps</strong></p>



<p>Au fil des années, Mariam Bagayoko s’impose comme l’une des grandes interprètes de la tradition vocale bambara, reconnue pour la puissance, la justesse et la profondeur émotionnelle de ses chants. Mais son art est pluriel. Instrumentiste accomplie, elle maîtrise le yabara, grande calebasse à secouer, qu’elle transforme en véritable moteur rythmique. À cela s’ajoute sa relation singulière au balafon, et plus particulièrement au n’goussounbala, grand balafon aux calebasses très résonnantes, propre au Bélédougou, dont elle est aujourd’hui considérée comme la reine. Sa manière unique de danser sur le balafon fait du corps un prolongement du son, abolissant la frontière entre musique et mouvement.</p>



<p>La longévité de Mariam Bagayoko tient autant à sa constance artistique qu’à la profondeur de son engagement. Elle a toujours envisagé la musique comme un espace de responsabilité et de transmission. Son projet Tiébilentiè, développé à Diakaman, met en lumière des pratiques traditionnelles exigeantes, celles des acrobates et des guérisseurs, dont les performances sont souvent accompagnées du n’goussounbala. En valorisant ces formes, elle contribue à préserver des savoirs fragiles et à les inscrire dans le présent.</p>



<p>Pour Mariam Bagayoko, la musique est avant tout un lien entre les générations, les territoires et les êtres. À travers son œuvre, c’est toute une conception de l’art qui s’exprime : enracinée, généreuse et profondément humaine. Plus qu’une récompense, le AKMA 2025 Lifetime Achievement Award célèbre une présence vivante, celle d’une artiste dont la voix, le geste et la danse continuent d’éclairer la musique malienne et de la projeter vers le monde.</p>



<p><strong>Issouf Koné</strong></p>
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		<title>Hassane Kassi Kouyaté sur la pirogue du Zéméba : entre héritage, persévérance et transmission</title>
		<link>https://munketa.com/2026/05/15/hassane-kassi-kouyate-sur-la-pirogue-du-zemeba-entre-heritage-perseverance-et-transmission/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[admin]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 15 May 2026 15:08:09 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Tribunes et analyses]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Invité de la Pirogue du Zemeba, le conteur et metteur en scène Hassane Kassi Kouyaté a partagé</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Invité de la Pirogue du Zemeba, le conteur et metteur en scène Hassane Kassi Kouyaté a partagé, le temps d’un après-midi sur le fleuve Niger, un récit de vie dense et inspirant. Entre mémoire familiale, parcours d’exil, entrepreneuriat et création artistique, l’homme de théâtre a offert aux jeunes présents bien plus qu’un témoignage : une véritable leçon de persévérance et de transmission.</strong></p>
<p>Le fleuve Niger, le 5 mars dernier, s’est transformé le temps d’un après-midi en une scène de transmission culturelle. À bord de la Pirogue du Zéméba, artistes, jeunes créateurs et passionnés de culture ont rencontré Hassane Kassi Kouyaté, figure majeure de la culture africaine contemporaine, directeur du festival Les Francophonies – Des écritures à la scène.</p>
<p>Introduite par Lassine Koné, directeur artistique de Don Sen Folo Lab, la rencontre s’est rapidement muée en un moment d’intimité intellectuelle et artistique. Prenant la parole, Hassane Kassi Kouyaté a d’abord tenu à rendre hommage à sa famille, en particulier à son père, le célèbre acteur et homme de scène Sotigui Kouyaté. Bien plus qu’un simple acteur reconnu sur les scènes internationales, Sotigui Kouyaté était, selon son fils, un homme aux multiples dimensions : comédien, metteur en scène, musicien, mais aussi tradi-praticien, fin connaisseur des plantes et de la nature, donso-chasseur initié et même ancien footballeur.</p>
<p>À travers ces anecdotes, Hassane Kouyaté esquisse le portrait d’un père dont l’héritage dépasse largement le champ artistique. Il évoque également les trajectoires familiales marquées par le départ vers la France : d’abord son père, puis son frère aîné, le réalisateur Dani Kouyaté, avant que lui-même ne fasse le même chemin.</p>
<p class="wp-block-paragraph"><strong>Des débuts difficiles</strong></p>
<p class="wp-block-paragraph">Mais son arrivée en Europe ne correspond pas au récit classique d’un artiste immédiatement consacré. Loin des projecteurs, Hassane Kouyaté raconte avoir commencé par des activités modestes, notamment en faisant la manche. Avec des amis, il s’est ensuite lancé dans la restauration en proposant des plats africains en France. Une aventure entrepreneuriale qui se poursuit encore aujourd’hui, puisqu’il possède actuellement des restaurants.</p>
<p class="wp-block-paragraph">Ce détour par l’économie n’est pas anodin. Il rappelle que le parcours artistique n’est pas toujours linéaire, même pour ceux issus d’une famille d’artistes. Hassane Kouyaté souligne d’ailleurs qu’il n’était pas prédestiné à devenir conteur ou comédien. Formé en commerce international, il s’orientait initialement vers un tout autre horizon professionnel.</p>


<figure class="wp-block-image size-large"><img  alt="" class="wp-image-565"/ loading="eager" fetchpriority="high" decoding="async" src="https://munketa.com/wp-content/uploads/2026/05/IMG_0861-1536x1024-1-1024x683.jpg"></figure>



<p>C’est presque par hasard qu’il commence à conter. Les débuts sont modestes : quelques récits pour 500 francs français. Mais la passion s’installe, le talent se confirme et le public répond présent. Des années plus tard, il lui arrive de percevoir plus de 30 000 euros pour une prestation de conte d’une heure et demie. Entre ces deux extrêmes se dessine un parcours fait de travail, de persévérance et d’apprentissage.</p>



<p><strong>Aujourd’hui&nbsp;!</strong></p>



<p>Aujourd’hui, Hassane Kassi Kouyaté est à la fois artiste, chef d’entreprise et directeur de festival. Installé entre plusieurs continents, il possède notamment un appartement à Paris et travaille sur des projets culturels à travers le monde, tout en restant profondément lié à l’Afrique de l’Ouest et particulièrement au Mali, au Burkina Faso même s’il revendique aussi sa nationalité française.</p>



<p>Malgré le poids d’un héritage prestigieux, il insiste sur un point : il n’a jamais pris de raccourcis. Si son père a collaboré avec le légendaire metteur en scène britannique Peter Brook, figure majeure du théâtre du XXe siècle, Hassane Kouyaté affirme avoir construit son propre chemin. Sa rencontre avec de grands noms du théâtre international s’est faite au fil du travail et des expériences, non par simple filiation comme beaucoup pourrait le colporter : « Les gens peuvent dire ce qu’ils veulent, je continuerai à remercier mon père Sotigui Kouyaté, ce grand monsieur qui nous a tout donné. » déclare-t-il tout ému. Cette exigence personnelle nourrit aujourd’hui son engagement dans la transmission.</p>



<p>À bord de la pirogue, il a longuement échangé avec les jeunes présents, partageant conseils et réflexions sur les métiers du spectacle vivant, la discipline artistique et la nécessité de développer une vision entrepreneuriale de la culture.</p>



<p>La présence d’Adama Traoré, comédien et metteur en scène respecté du théâtre africain, a donné une dimension supplémentaire à la rencontre. Prenant la parole, il a salué le parcours d’Hassane Kouyaté, tout en rappelant son respect constant envers les aînés et les collaborations passées avec son père Sotigui Kouyaté.</p>



<p>Au-delà du parcours impressionnant, la rencontre sur la Pirogue du Zéméba révèle surtout une figure singulière : celle d’un passeur. Entre tradition griotique, théâtre contemporain et entrepreneuriat culturel, Hassane Kassi Kouyaté incarne une génération d’artistes africains capables de naviguer entre plusieurs mondes sans renier leurs racines.</p>



<p></p>
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		<title>Accès au marché des industries culturelles et créatives : à Tombouctou, le réseau Kya et l’ACF Fonds Maaya ouvre un débat sur l’économie de la culture</title>
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		<dc:creator><![CDATA[admin]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 15 May 2026 15:08:09 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Tribunes et analyses]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Le troisième pilier évoqué par Adama Traoré concerne la diffusion et la distribution...</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Le 23 décembre 2025, au village de la Biennale artistique et culturelle de Tombouctou, le réseau Kya, en collaboration avec le Fonds Maaya a organisé une table ronde consacrée à un enjeu central pour l’avenir des industries culturelles et créatives (ICC) : l’accès au marché. Dans un contexte sahélien marqué par des défis sécuritaires, économiques et structurels, cette rencontre a rassemblé artistes, acteurs culturels et décideurs autour d’une question essentielle : comment transformer la création artistique en une activité économiquement viable et durable.</strong></p>
<p>Présidée par le chef de cabinet du ministère de l’Artisanat, de la Culture, de l’Industrie hôtelière et du Tourisme, Monsieur Salia Malé, et introduite par le président du réseau Kya, Djibril Guissé, la table ronde a posé les bases d’une réflexion stratégique sur la place de la culture dans le développement. Trois panélistes ont nourri les échanges : Adama Traoré, Chab Touré, tous deux du Mali et Miki Garba, invité du Niger, apportant des regards complémentaires sur les dynamiques locales et sous-régionales.</p>
<p>Au cœur des débats, Adama Traoré a insisté sur la nécessité de penser les ICC comme un écosystème structuré, reposant sur quatre piliers essentiels. Le premier est la structuration, qui permet de comprendre et d’organiser la chaîne des métiers culturels. Comparant le secteur culturel à une usine, il a rappelé qu’aucune activité ne peut fonctionner avec un seul corps de métier. La culture mobilise à la fois l’administration, la création artistique, les métiers techniques et, de plus en plus, le numérique, aujourd’hui étendu aux enjeux de l’intelligence artificielle. Cette structuration appelle une implication forte de l’État, posant inévitablement la question du financement et du rôle du secteur privé dans l’exportation de la culture malienne. Les rencontres professionnelles, les échanges B to B et les grandes manifestations culturelles offrent des opportunités, mais l’accès effectif aux marchés demeure un défi majeur.</p>
<p> </p>


<figure class="wp-block-image size-large"><img  alt="" class="wp-image-561"/ loading="lazy" decoding="async" src="https://munketa.com/wp-content/uploads/2026/05/IMG_8094-1536x1024-1-1024x683.jpg"></figure>



<p>Le troisième pilier évoqué par Adama Traoré concerne la diffusion et la distribution. Créer une œuvre ne suffit pas ; encore faut-il savoir où et comment la vendre. Selon lui, la valeur marchande d’un produit culturel est souvent liée à la notoriété de l’artiste, à son nom et à son parcours. Dans le cinéma notamment, la reconnaissance facilite la vente et l’exportation des œuvres. Enfin, le quatrième pilier est celui de la découvrabilité. Les artistes doivent se penser comme des marques, capables de maîtriser leur identité et leur visibilité. En conclusion, Adama Traoré a plaidé pour la création d’un fonds national dédié aux industries culturelles et créatives au Mali, outil indispensable pour structurer durablement le secteur.</p>



<p>Apportant un regard sous-régional, Miki Garba, venu du Niger, a salué les efforts des autorités maliennes pour faire du pays un véritable pôle d’attraction culturelle. Fort de son expérience dans l’encadrement et le renforcement de capacités des acteurs culturels, et désormais directeur général de l’Agence de promotion des entreprises et industries culturelles du Niger depuis 2024, il a souligné que le Mali et le Niger partagent des problématiques similaires, notamment en matière de gestion, de mobilité et de financement des artistes. Pour lui, le dynamisme des festivals, salons et de la Biennale de Tombouctou témoigne de la capacité des artistes maliens à se mobiliser et à créer des rendez-vous de référence dans la sous-région.</p>



<p>Selon Miki Garba, l’accès au marché commence avant tout par la qualité du produit. C’est l’œuvre qui conduit l’artiste vers le marché, conditionnant sa mobilité et sa promotion. L’Afrique dispose de nombreux marchés, même s’ils ne sont pas toujours accessibles à tous. Chaque discipline artistique, du théâtre à la musique en passant par la littérature, possède son public. Toutefois, la faible structuration des artistes limite souvent leur accès au financement. À ce titre, il a présenté l’exemple du Fonds national de développement des arts et de la culture (FONDAC) au Niger, qui permet notamment de répondre aux urgences de mobilité des artistes invités à l’étranger. Il a insisté sur le fait que les financements extérieurs ne constituent pas des solutions durables et a plaidé pour la mise en place de fonds nationaux solides, ainsi que de plans nationaux facilitant la mobilité des artistes, le développement du mécénat et la reconnaissance sous-régionale des créateurs.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img  alt="" class="wp-image-560"/ loading="lazy" decoding="async" src="https://munketa.com/wp-content/uploads/2026/05/IMG_8099-1536x1024-1-1024x683.jpg"></figure>



<p>Pour sa part, Chab Touré a recentré le débat sur la question de la qualité de la création et du rapport entre art et économie. Il a rappelé que toute œuvre artistique est un produit marchand et que vivre de son art signifie que l’œuvre proposée génère des revenus. Il a dénoncé une mentalité encore largement répandue selon laquelle l’art n’aurait rien à voir avec l’argent, une idée qu’il juge dangereuse pour la professionnalisation des artistes. Créer pour soi n’exclut pas de créer pour les autres ; l’enjeu est de comprendre pour qui l’on crée. Le premier marché de l’artiste est celui de son environnement immédiat, là où il vit. Pourtant, a-t-il souligné, le marché des artistes africains reste largement tourné vers l’Europe, faute d’un véritable marché intérieur structuré en Afrique. Pour y remédier, il a appelé à la création d’espaces de vente et d’achat sur le continent, condition essentielle pour bâtir une économie culturelle autonome.</p>



<p>À travers cette table ronde, le réseau Kya a offert un cadre de dialogue stratégique entre artistes, experts et décideurs publics, mettant en lumière les défis mais aussi les opportunités liées à l’accès au marché des industries culturelles et créatives. À Tombouctou, ville symbole de transmission et de résilience culturelle, les échanges ont rappelé que l’avenir de la culture africaine repose autant sur la créativité que sur la capacité à structurer, financer et faire circuler les œuvres, afin que la culture devienne pleinement un moteur de développement durable.</p>



<p><strong>Issouf Koné</strong></p>
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